Interview

Voici une petite interview qui reflète bien les questions qu'on me pose très fréquement.

A mi-chemin entre le "FAQ" et la biographie.

 

 

   Vous dessinez depuis combien de temps maintenant?

En amateur, depuis tout gamin.

En Pro, depuis mi 2004, avec « La Compagnie des Glaces » pour DARGAUD

   Vous avez toujours voulu faire ça?

Oui, c’ est venu très jeune, je voulais faire de la BD même sans savoir vraiment ce que ca voulait dire.

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   Comment vous est venu l'envie d'en faire votre métier ?

Ce n’est pas arrivé subitement, c’est plutôt le prolongement naturel de ce que je passais mon temps à faire seul.

Petit, et même après, rien ne me distinguait vraiment des autres gosses, mis a part le dessin.

Et quand on n’est pas très costaud et timide de surcroit, attirer l’attention et le respect des autres est toujours bon a prendre.

J’avais une facilité dans ce domaine, et surtout rien envie de faire d’autre ^^

   Avez vous fait une école pour apprendre à dessiner ?

Apprendre a dessiner, c’est un peu plus complexe que ca.

J’ai effectivement fait 3 ans a Emile Cohl avant de me faire virer ^^

On apprends des techniques diverses, de l’ anatomie, de la perspective, peinture et plein d’ autres choses, on apprends surtout a « dresser » son regard, a voir autrement.

Mais tout cela ne sert a que dalle sans des idées, un sens artistique, une volonté de mettre ces connaissances au service de ce qu’ on a en tête.

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   Avez vous trouvez facilement une école ?

Dans ce milieu, l’équation est en fait assez simple.

Evidement, il faut dessiner déjà pas trop mal car on regardera bien sur de quoi vous êtes capable.

Mais la majorité des écoles sont privées, donc la sélection s’opère aussi beaucoup par l’ argent, car ces écoles monnaient cher leur savoir.

Les écoles publiques compensent par une sélections très sévère à l’ entrée.

Emile Cohl à décelé un potentiel et vu qu’on avais les sous, ca s’est passé facilement.

   Les débouchés sont ils nombreux ?

Ca dépends ce qu’on vise en fait.

Les débouchés dans la BD et l’illustration paient assez mal et il est très dur de s’y faire une place.

Dans l’animation, l’ infographie, le cinéma et le jeu vidéo, c’est plus aisé, les budgets plus importants et les salaires aussi.

Cela dit, quand on sors d’une école, on galère assez souvent quelques années avant de trouver une place stable.

   Un dessinateur de BD gagne t'il bien ça vie ?

Il existe d’énormes disparités dans ce point là.

On palpe selon les ventes effectives des bouquins, donc on est pas salarié, mais payé au « mérite » si l’on peut dire.

Et vu qu’un auteur met un an en moyenne a tomber un bouquin, on le paie en « avance de droits » à deduire de ce que rapporteront les bouquins une fois terminés et en vente.

Assez souvent les ventes couvrent a peine les droits versés, donc la grande majorité des dessinateurs de BD en chie vraiment a en vivre completement.

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   Est il facile de trouver un éditeur ?

Internet Facilite pas mal leur recherche, le trouver n’est vraiment pas ce qu’il y a de plus dur.

De plus certains sont présent dans les grands salons BD

Comment doit on faire pour rencontrer un éditeur ?

En général, pour eviter d’être submergé de jeunes avec un carton sous le bras, c’ est eux qui vous donnent rendez-vous.

Comment doit on faire pour proposer un projet à un éditeur ?

Excellente question.

C’est très important de faire les choses bien, en dehors même de la question du dessin.

En général, peu de choses suffisent à un éditeur pour se faire son avis sur votre potentiel.

Un dossier type comporte :

-un synopsis (résumé en 10-15 lignes de l’ histoire)

-le scénario développé sur ne page au plus

-5 à 6 planches, les deux premières en couleur, deux en encrage, une en dessin et une en story-board, comme cela, en très peu de temps il rentre dans l’ histoire, et se fait un avais sur votre technique au fur et a mesure de la création du bouquin.

-vous pouvez finir sur deux trois pages avec des dessins des personnages principaux.

Si l’ éditeur est séduit, il demandera à voir plus de choses ou vous donnera même un rendez-vous dans ses locaux.

Les plus polis répondent par voie postale pour motiver leur refus, et parfois même vous donnent quelques conseils.

   Est il facile de rentrer dans le milieu de la BD ?

Que ca soit clair, non.

Une raison a cela, le marché existe déjà, il est prospère, il n’a donc pas besoin de vous.

Si on veut rentrer, il faut créer sa place, se la faire tout seul, créer la demande autour de votre travail, autour de votre crayon, et il faut dire qu’avec 4000 nouveautés en moyenne par an, il est pas évident d’arriver sur le marché avec un truc jamais vu avant, révolutionnaire.

C’est donc très dur et très long de trouver son public.

   Que diriez vous à un jeune qui à envie de faire votre métier ?

De faire autre chose !!! ^^

Non mais, va pas me piquer mon boulot l’autre là !

Le talent est une chose, mais ce boulot est très particulier, faut vraiment en vouloir très fort, être capable d’accepter et même de prévoir que pendant des mois, on ne gagnera rien du tout.

C’est moralement très dur, et financièrement pas facile de tenir le coup au départ.

Donc je conseille d’être peu dépensier, d’économiser, d’être très patient de ne jamais se décourager, d’y croire même quand le monde semble vous dire « abandonne ».

Pour démarrer, je conseille fortement le travail en asso et fanzine, qui est très formateur et se passe généralement dans un cadre sympathique et motivant, vous serez a la fois dessinateur mais également vendeur une fois en festival, un aspect important souvent négligé.

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   Pour faire une BD combien faut il être en général ?

En général, 3 personnes :

-un scénariste, car c’ est vraiment un boulot a part entière

-un dessinateur

-un coloriste

Certains auteurs font tout, et d’ autres fonctionnent en studio, pouvant aligner jusqu’à 10 personnes pour un même titre, tout dépends du type de produit que vous aurez a faire.

   Comment faut il faire pour se faire connaître ?

Pas de méthode unique, il faut un peu tout essayer.

cela dit, pour les jeunes, je conseille vraiment de fonder une asso et d'aller tater la réaction du public en festival.

parfois frustrant, c'est très formateur.

   Comment avez vous débuté ?

En amateur, j’ai intégré une asso qui s'était crée au sein même de l’école d’ art, à l’époque elle regroupait quand même une trentaine de personnes, pas forcement dessinateurs.

J’ai peu a peu proposé des dessins a la vente, bien observé ceux qui vendaient mieux que moi, la manière de vendre, de travailler des autres, bref, une école dans l’école, et avec des amis*, apprendre est vraiment plus facile.

En pro, après diverses mésaventures qui ont failli me conduire a faire une série avec un grand scénariste Français (*choisissez bien vos amis, vous pourriez avoir des surprises ^^),j’ ai finalement intégré le studio JOTIM courant 2004, qui réalisait les albums de la série « Compagnie des Glaces » adapté des livres du même nom.

J’ai démarré sur mon point fort, réaliser des décors et perspectives, ca m’a permis de voir le travail des autres, de comprendre mieux, de rentrer au cœur de la réalisation d’ un album BD.

J’ai ensuite pris de l’assurance et pu changer de poste pour réaliser des personnages et des encrages, avant de basculer définitivement dans l’ encrage de la série au Cycle 3.

La série a pris fin début 2010, j' ai participé à 11 albums durant cette période.

   Et maintenant ?

Le boulot réalisé, mais également l’observation de la mécanique de création générale m’ont permis d’arriver au stade actuel, c’est à dire d’ être capable de réaliser seul un album complet en couleur, sans maison d’édition.

Je suis donc devenu récemment mon propre éditeur, c’est à la fois une énorme liberté créative mais également un boulot incroyable, et je suis assez impatient de partir sur les routes pour aller défendre mon premier album couleur 1/7  Tome 1:Terre Jumelle dont vous pouvez voir quelques extraits ici :

http://www.jim-maitre.com/portfolio/auto-prod/bouquins/album-bd-17

Le tome 2 est en cours de réalisation